CHAMBRE DE COMMERCE, D'AGRICULTURE, D'INDUSTRIE ET D'ARTISANAT DU NIGER


NOTE SUR LA SITUATION ECONOMIQUE DU NIGER

 

Mars 2006

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SOMMAIRE

INTRODUCTION GENERALE

I. CARACTERISTIQUES DE L'ECONOMIE NIGERIENNE 

1.1. LE SECTEUR PRIMAIRE

1.1.1. AGRICULTURE 

1.1.2. ELEVAGE 

1.2 SECTEUR SECONDAIRE

•  Industries et Mines

•  Bâtiment et Travaux Publics

1.3. SECTEUR TERTIAIRE

1.3.1. Caractéristiques du Commerce Extérieur

1.3.2. Le Réseau Bancaire

1.3.3. L'Artisanat

1.3.4. Le Tourisme et l'hôtellerie

•  Les Transports

II. CONTRAINTES SECTORELLES ET SOLUTIONS ENVISAGEES

2.1. Secteur Primaire

2.2 Secteur Secondaire

2.2.1 L'industrie

2.2.2. Bâtiments et Travaux Publics

2.2.1. Contraintes et Solutions pour les Bâtiment et Travaux Publics

2.3 Secteur Tertiaire

2.3.1 Commerce et Service

2.3.2 Transports

2.3.3 Tourisme et Hôtellerie

2.3.4 Artisanat

III. ACTIONS PRIORITAIRES A METTRE EN OEUVRE

3.1. Mettre en place une Fiscalité de Développement  

3.2. Améliorer l'Environnement des Affaires

3.3. Faciliter aux Entreprises l'accès au Financement

3.4. Rendre transparent l'accès aux Marchés Publics 

CONCLUSION

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Introduction Générale

La présentation de la situation économique, objet de la présente note, consiste à décrire le contexte international et régional et à s'appesantir sur l'analyse des principaux secteurs de l'économie nigérienne.

Ainsi, après avoir mis en relief les caractéristiques de ces secteurs et relevé les difficultés ou contraintes susceptibles de freiner le développement des activités économiques, des pistes de solutions sont identifiées et proposées à l'attention des différents acteurs.

  • Contexte International

Selon une étude de la BCEAO sur les perspectives économiques des Etats membres de l'UEMOA en 2006, les économies des Etats membres de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) ont évolué en 2005 dans un environnement international marqué par une décélération de la croissance économique dans les pays industrialisés et la flambée des cours mondiaux du pétrole qui ont atteint des sommets jamais enregistrés depuis 1984. L'activité est demeurée vigoureuse dans les principaux pays émergents, en particulier ceux d'Asie, dont les économies ont été soutenues par une demande intérieure dynamique et une hausse constante des exportations. Selon les dernières prévisions du Fonds Monétaire International (FMI), le taux de croissance de l'économie mondiale ressortirait à 4,3% en 2005 contre une réalisation de 5,1% un an auparavant.

La persistance des tensions sur le marché du pétrole a été une source de pressions inflationnistes. Dans ce contexte, certaines Banques Centrales ont imprimé une orientation restrictive à leur politique monétaire, en vue de contenir les risques d'accélération de l'inflation. Sur les marchés de changes, la tendance à l'appréciation de l'euro par rapport aux principales devises du système monétaire international, en particulier le dollar des Etats-Unis, s'est inversée. Quant aux marchés boursiers, ils ont enregistré des évolutions contrastées.

En Afrique subsaharienne, la croissance économique s'établirait à 5,0% en 2005, après une réalisation de 5,1% en 2004. Ce rythme soutenu serait imputable essentiellement à la bonne tenue des cours mondiaux des matières premières non agricoles et à la poursuite des investissements.

  • Contexte Régional

Au sein de l'UEMOA, les orientations de politique économique arrêtées par le Conseil des Ministres pour l'année 2005 invitaient les Etats membres à s'atteler à la consolidation de la stabilité macroéconomique ainsi qu'à l'intensification des politiques visant la réduction de la pauvreté. Les efforts à déployer devaient s'articuler autour de cinq principaux axes ci-après :

- la préservation d'un climat socio-politique favorable aux investissements, afin de renouer avec une croissance économique forte et durable ;

-  la levée des contraintes qui entravent le dynamisme et la compétitivité du secteur privé, notamment par des politiques favorisant la réduction des coûts des facteurs et le soutien aux exportations, pour bénéficier des initiatives internationales en faveur des pays en développement ;

-  l'assainissement des finances publiques pour conforter la stabilité macroéconomique et restaurer la capacité des Etats à promouvoir des politiques de relance des investissements publics ;

-  l'approfondissement des réformes structurelles, notamment à travers la mise en œuvre des politiques sectorielles communes des filières agricoles ;

-  l'accélération du processus d'intégration régionale, en vue de stimuler les échanges intra-communautaires.

Les progrès dans ces domaines devraient faciliter la mobilisation, auprès des partenaires au développement, de l'assistance financière nécessaire à la mise en œuvre des stratégies de lutte contre la pauvreté. Les Etats qui n'ont pas encore atteint le point d'achèvement de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) devaient accélérer les réformes requises pour bénéficier d'un allègement de leur dette extérieure, susceptible d'accroître les marges de manœuvre en matière de financement des dépenses d'investissement dans les secteurs sociaux.

Toutefois, de faibles progrès ont été enregistrés dans la mise en œuvre des politiques économiques envisagées, en raison de la conjonction de plusieurs facteurs. En effet, la conjoncture économique dans l'UEMOA a été affectée par la poursuite du renchérissement du pétrole et la faiblesse des prix à l'exportation des principaux produits de l'Union, en particulier le coton. En outre, les incertitudes engendrées par la situation socio-politique dans certains Etats ont limité les investissements privés et freiné l'approfondissement des réformes requises pour consolider la stabilité macroéconomique et conforter les bases d'une croissance durable. Aussi, les économies des Etats membres de l'UEMOA ont-elles connu, au cours de l'année 2005, une croissance d'ensemble relativement faible, une recrudescence des pressions inflationnistes et une situation des finances publiques encore fragile.

Selon les dernières estimations, le produit intérieur brut de l'Union connaîtrait, en termes réels, une progression de 3,3% en 2005 contre une réalisation de 3,0% en 2004. Les bonnes perspectives de production agricole de la campagne 2005/2006 après le recul de la production vivrière enregistré en 2004/2005 et l'intensification dans certains pays des efforts d'exécution des programmes prioritaires retenus dans le cadre de la stratégie de réduction de la pauvreté expliquent ce léger regain de vigueur de l'activité. En effet, la production des principales cultures vivrières connaîtrait une progression de 7,2% par rapport à la campagne précédente. La production de coton-graine est prévue en hausse de 13,8%, tandis que celles de café et d'arachide progresseraient de 5 ,5% et 8,6% respectivement. En revanche, la production de cacao enregistrerait un recul de 4,6%. Au regard des déficits financiers importants enregistrés par la filière coton au cours de la campagne de commercialisation 2004/2005, les prix aux producteurs ont été revus à la baisse dans presque tous les pays de l'Union.

Au niveau du secteur industriel, l'évolution de l'activité traduit, au terme des huit premiers mois de l'année 2005, une amélioration de la production, le niveau moyen de l'indice calculé par la BCEAO ayant progressé de 4,6% contre 2,5% à la même période de l'année 2004. Cette évolution est imputable à la bonne tenue des industries manufacturières, impulsée par le dynamisme des industries textiles et chimiques, ainsi que des industries extractives.

L'indice du chiffre d'affaires du commerce de détail s'est accru de 4,7% sur les huit premiers mois de l'année 2005 contre 2,1% à fin août 2004, en liaison avec la bonne orientation de l'activité commerciale au Mali, au Niger, au Sénégal et au Togo.

Les pays de l'UEMOA ont fait face à une accélération de l'augmentation des prix à la consommation en 2005. Le renchérissement des produits alimentaires, induit par les déficits de la production céréalière enregistrés lors de la campagne agricole 2004/2005, ainsi que la hausse de près de 40% des prix des produits pétroliers ont alimenté les pressions inflationnistes.

  • Contexte National

Après l'année 2004 marquée par une atonie de l'activité économique, due à une mauvaise campagne agricole 2004/2005, le taux de croissance réel du PIB se redresserait à 4,5% en 2005 contre -0,6% en 2004.

Les mauvais résultats de la campagne agricole précédente, consécutifs à l'arrêt précoce des pluies, à leur mauvaise répartition dans le temps dans l'espace et à l'invasion acridienne, ont eu pour conséquence une baisse de la production vivrière de plus de 18,8%, induisant un déficit de la production céréalière de l'ordre de 223 000 tonnes. La crise alimentaire a été de grande ampleur avec des répercussions négatives sur la préparation de la campagne agricole 2005/2006. En effet, les stocks de semences ont servi, en partie, à pallier l'insuffisance de l'offre, face aux besoins alimentaires croissants des populations. Par ailleurs, le secteur de l'élevage qui représente 10,0% du PIB, a été également affecté par le déficit de pâturage, à la suite des mauvaises conditions climatiques en 2004.

L'amélioration de la situation pluviométrique en 2005 a permis un redressement de la production agricole. Ainsi, la contribution du secteur primaire à la croissance du PIB atteindrait 1,6 point de pourcentage en 2005 contre -0,4 point de pourcentage en 2004.

Nonobstant les tensions sociales observées en mars et avril 2005 et l'incendie du marché de Katako de Niamey, la valeur ajoutée du secteur tertiaire progresserait de 6,1% et contribuerait pour 2,1 points de pourcentage à la croissance du PIB en 2005. Le sous-secteur des télécommunications serait le principal moteur du regain des activités de ce secteur.

La réalisation des chantiers dans le cadre de l'organisation des jeux de la Francophonie en décembre 2005 et des infrastructures (construction des routes, nouveaux branchements sociaux en eau et électricité, électrification rurale) dans le cadre de la mise en œuvre de l'initiative PPTE ont donné une impulsion aux activités dans le secteur secondaire. Celui-ci contribuerait à hauteur de 0,8 point de pourcentage à la progression du produit intérieur brut en 2005.

La hausse des prix des carburants à la pompe et leur répercussion sur les tarifs des transports constituent la seconde source de l'augmentation des prix au Niger. A la fin de Décembre 2005, l'augmentation des prix à la pompe, par rapport à la même période de 2004, atteignait 15,90% pour l'essence ordinaire, 15,90% pour le super et 15,09% pour le gazole. La pénurie de sucre en juin et juillet 2005 a également pesé sur l'évolution des prix.

Eu égard au poids prépondérant des céréales locales dans l'indice des prix à la consommation, le taux d'inflation ressortirait en moyenne à 8,3% en 2005 contre 0,2% en 2004, soit le taux le plus élevé des Etats membres de l'UEMOA.

I. CARACTERISTIQUES DE L'ECONOMIE NIGERIENNE  

1.1. LE SECTEUR PRIMAIRE

L'économie rurale au Niger est caractérisée par une grande diversité de spéculations, en raison notamment des potentialités existantes dans les différentes régions du pays. Elle repose essentiellement sur des structures de production de type familial et des techniques traditionnelles à faible productivité. Les composantes suivantes constituent les piliers de cette économie rurale :

-  l'agriculture pluviale et irriguée pour les céréales et les produits de rente ;

- l'élevage pratiqué en milieu rural et urbain de type extensif et semi-extensif, pour la production d'un cheptel varié;

-  la production forestière fournissant plus de 80% des besoins énergétiques nationaux ;

-  les activités rurales non agricoles constituant des sources de revenus pour le monde rural.

Toutefois, la présente analyse du secteur primaire ne portera que sur ses deux composantes essentielles à savoir : l'Agriculture et l'élevage.

1.1.1. AGRICULTURE  

Les activités liées à l'agriculture occupent plus de 85% de la population active du Niger.

Toutefois, les superficies cultivées (4 millions d'hectares) ne représentent que 3% de la superficie totale du pays et 25% de la superficie cultivable.

Cette situation justifie les importantes réformes engagées ces dernières années par le Gouvernement pour améliorer l'environnement institutionnel, législatif et réglementaire du secteur rural.

Il s'agit notamment de la reconnaissance des droits fonciers à travers l'adoption du Code Rural et des textes subséquents que sont la loi sur la liberté d'association dans le mouvement coopératif, la loi sur les Chambres Régionales d'Agriculture, et la Stratégie de Développement Rural.

Malgré ces avancées, force est de constater que les résultats escomptés sont loin d'être atteints, en raison d'importants déficits céréaliers souvent enregistrés et de tonnages de vivres importés chaque année par les opérateurs économiques et les organisations humanitaires pour compléter les besoins alimentaires des populations et garantir la sécurité alimentaire.

La campagne agricole 2004 illustre bien cette situation, eu égard aux faibles performances enregistrées au niveau de la production agricole et pastorale.

Cette campagne agricole 2004 s'est caractérisée par une précocité des précipitations, les premières pluies ayant été enregistrées dès le mois d'Avril.

Toutefois, il a été constaté un ralentissement des précipitations au cours des mois de mai et juin, avec une période de sécheresse de plus de 4O jours.

Le cumul pluviométrique observé en 2004 a été globalement déficitaire, comparé à celui de l'année précédente et à la normale saisonnière.

Sur le plan hydrologique, les écoulements du fleuve Niger enregistrés au cours de la campagne ont été globalement faibles, inférieurs à la moyenne des dix dernières années.

L'arrêt précoce des pluies et les invasions acridiennes ont compromis la production agricole. Ces invasions ont touché les régions de Tahoua, Tillabéri, Diffa, Maradi, Agadez et Zinder, avec près de 800.000 ha de superficies infestées.

La situation phytosanitaire a été marquée par d'importantes infestations de criquets pèlerins, de sauteriaux et d'insectes floricoles.

Face à des besoins estimés à 2.991.616 Tonnes, les disponibilités céréalières totales de cette campagne ont été de 2.541.388 Tonnes, alors que les importations commerciales et les aides attendues étaient évaluées à 226.740 Tonnes. Le déficit céréalier serait alors de 223 487 tonnes.

Le déficit céréalier enregistré en 2004 s'est traduit par une situation de crise alimentaire en 2005 dans plusieurs régions du pays. Les mesures prises par le Gouvernement, en particulier l'instauration, dès la fin de l'année 2004, d'un système de vente de céréales à prix modérés n'ont pas permis de contenir, de façon durable, la hausse des prix des produits alimentaires. Les prix des céréales ont ainsi atteint des niveaux maximums à fin juillet 2005, avec une hausse en glissement de 116,8% pour le prix du maïs et de 108,2% pour celui du mil, principaux produits de consommation des ménages. A fin août 2005, la progression des prix en moyenne est ressortie à 8,7%.

1.1.2. ELEVAGE  

L'élevage, qui intervient pour environ 15% dans le PIB, est la principale activité économique des régions arides. Après l'uranium, l'exportation de bétail est la seconde source de devises pour le pays, bien que les statistiques officielles sous-estiment fortement l'importance du secteur en raison du volume élevé des transactions échappant au circuit officiel.

Au plan pastoral, la campagne 2004 a été marquée par un retard dans l'installation de la végétation, particulièrement en zone pastorale où les premières pluies n'ont été enregistrées qu'à partir de fin juillet et même début août par endroit.

Cette situation s'est traduite par un déficit fourrager évalué à 4 642 219 tonnes de matières sèches, un niveau jamais atteint depuis plus de vingt ans.

A cette situation s'ajoute le fait que la production animale est principalement extensive, et que son développement se heurte à deux facteurs contraignants : alimentation insuffisante et faible recours aux soins vétérinaires.

En dépit de ces contraintes, le secteur a enregistré une augmentation sensible du cheptel avec des effectifs évalués en 2004 à 56.937 Unités de Bétail Tropical (UBT) contre 55.561 en 2003, soit une augmentation de 2,48%.

En têtes de bétail et par espèce animale, l'évolution sur la période 2002-2004 qui caractérise cet accroissement se présente comme suit, en nombre de têtes :

 

2002

2004

Accroissement

Bovins

3 543 664

3 686 828

2%

Ovins

7 029 420

7 457 542

6%

Caprins

8 992 750

9 448 013

5%

Camelins

1 142 636

1 177 173

3%

Asins

34 106

354 886

4%

Equins

637 923

650 745

2%

Source : MINISTERE DES RESSOURCES ANIMALES.

1.2 SECTEUR SECONDAIRE

Il repose essentiellement sur l'industrie, les mines, les bâtiments et travaux publics.

1.2.1 Industries et Mines

Malgré l'adoption de mesures d'incitation et de promotion, et la mise en place de mécanismes pour encourager la création et le développement des entreprises du secteur secondaire, la situation de ce secteur ne répond pas aux attentes des acteurs. En effet, il est toujours caractérisé par :

•  un tissu industriel peu développé ;

•  une faible compétitivité des produits nationaux fortement concurrencés par les produits similaires importés ;

•  un coût relativement élevé  des facteurs de production (énergie, transport).

En dépit de ces facteurs, le secteur privé se mobilise pour participer au développement économique et social par la création d'entreprises, la réalisation des investissements productifs et la création d'emplois nouveaux ou la consolidation des emplois déjà créés.

Dans ce cadre, il convient de signaler que des efforts importants ont été fournis par le secteur privé qui a investi 52,186 Milliards de F/CFA en 2002, 26,113 Milliards de F/CFA en 2003 et 5,582 Milliards de F/CFA en 2004 et a créé respectivement 1880, 839 et 466 emplois permanents, malgré les multiples contraintes qui freinent les initiatives.

Le processus d'intégration au sein de l'UEMOA, de la CEDEAO et dans le cadre des Accords de Partenariat Economique avec l'Union Européenne, qui visent une ouverture à un marché plus vaste, pourraient aggraver davantage la situation sans cesse inquiétante de nos unités industrielles ; des mesures adéquates doivent être prises pour susciter la création d'unités de production en mesure d'améliorer la productivité nationale et la compétitivité des produits locaux.

Aussi, la nécessité s'impose de restructurer le tissu industriel nigérien pour le rendre apte à relever le défi de l'intégration et d'écarter le risque de voir son marché inondé par les produits des industries plus compétitives bénéficiant du libre accès dans le cadre de l'intégration régionale (UEMOA, CEDEAO) et du partenariat avec l'Union Européenne.

La situation critique ainsi présentée du secteur industriel nigérien est sous-tendue par la permanence de contraintes de plusieurs ordres face auxquelles des solutions adéquates s'imposent.

Le sous-secteur des mines, malgré la stagnation des cours de l'uranium, connaît un regain d'activités consécutif à l'exploitation aurifère et aux recherches pétrolières.

Par ailleurs, le sous secteur de l'énergie grâce à une opération d'électrification de plusieurs localités engagée dans le cadre du programme spécial du Président de la République a montré des signes de reprises au cours de l'année 2005.

•  Bâtiment et Travaux Publics

Le secteur de Bâtiments et Travaux Publics (BTP) a constitué l'un des leviers de développement économique et social du Niger au lendemain de l'indépendance du pays.

La période 1975 – 1988 a été marquée par la réalisation d'importants investissements notamment dans le domaine du réseau routier et des bâtiments. C'est pendant cette même période que les acteurs économiques ont eu la démonstration de l'adage qui dit « quand le bâtiment va, tout va ».

Mais depuis plus d'une décennie, le secteur de BTP, principal employeur et grand distributeur de revenu, est en profonde crise. Cette situation résulte principalement des effets combinés de la dégradation croissante des investissements publics et de la faible intervention de ses structures d'encadrement et de financement.

Cependant, la réalisation des chantiers dans le cadre de l'organisation des jeux de la francophonie en décembre 2005 et des infrastructures (construction des routes, nouveaux branchements sociaux en eau et électricité, électrification rurale) dans le cadre de la mise en œuvre de l'initiative PPTE ont donné une impulsion aux activités dans le secteur secondaire. Celui-ci contribuerait à hauteur de 0,8 point de pourcentage à la progression du produit intérieur brut en 2005.

1.3. SECTEUR TERTIAIRE

1.3.1. Caractéristiques du Commerce Extérieur

Le commerce extérieur du Niger est caractérisé par un déficit chronique de sa balance commerciale. Ce déficit a été de 119 Milliards en 2001, 157,5 Milliards en 2002, 171,2 Milliards de F/CFA en 2003 et s'est établi à 203,579 Milliards en 2004.

Il traduit une légère diminution des exportations entre 2001 et 2002 et une forte augmentation des importations sur la même période. Il en résulte une baisse sensible du taux de couverture des importations par les exportations passant de 50% en 2002 à 40% en 2003 et à 39,9% en mai 2004. Cette baisse s'est traduite par une légère diminution des exportations et une forte augmentation des importations sur la même période comme l'indique le tableau suivant :

Tableau N° 1  : Evolution de la balance commerciale du Niger (en millions de FCFA)

Année

Indicateurs

2000

2001

2002

2003

2004

Export.

139362

119042

117535

116054

135160

Import.

199932

238082

275061

287213

338738

Balance

-105 824

-119040

-157526

-171159

-203579

Taux de couverture

69,7%

50%

42,7%

40,4%

39,9%

( mai 2004)

Source  : Direction de la Statistique et des Comptes Nationaux

  • Importations

Les importations des produits s'élèvent à 338,738 Milliards FCFA en 2004. En 2003, elles étaient de 287,213 Milliards F/CFA, dont 60% pour les rubriques suivantes :

-  Combustibles & huiles minéraux : 43,1 Milliards F/CFA (15%) ;
-  Céréales  : 22,6 Milliards F/CFA (7,9%) ;
-  Biens d'équipement  : 62,1 Milliards F/CFA (21,8%) ;
-  Huiles Végétales : 22,6 Milliards F/CFA (7,9%) ;
- Sucres et sucreries : 14,3 Milliards F/CFA (5%) ;
-   Sel - soufre – ciment  : 11 Milliards F/CFA (3,8%).

Les importations en provenance des pays africains ont progressé en valeur absolue, passant de 88,8 Milliards en 2001 à 108,5 Milliards de F/CFA en 2003. Ce qui représente 37,8% de l'ensemble des approvisionnements du pays, dépassant le niveau des importations en provenance d'Europe (29,4%).

Ainsi, la répartition géographique des fournisseurs du Niger classe l'Afrique en première ligne avec 37,80%, l'Europe en seconde place avec 29,40% et l'Asie en troisième position avec 22,8%.

•  Exportations

L'analyse de la situation des exportations porte sur la nature des produits concernés, les échanges avec le Nigeria d'une part, et avec les pays de l'UEMOA d'autre part.

Les principaux produits exportés par le Niger sont l'uranium, les produits de l'élevage (principalement les bovins, les ovins et les caprins) et les produits de l'Agriculture (notamment les oignons et le niébé). La répartition des produits exportés par le Niger en 2003 se présente comme :

-  Uranium  : 65,520 Milliards de F/CFA (56,5%) ;
- Produits de l'Elevage  : 26,701 Milliards de F/CFA (23%) ;
-  Produits de l'Agriculture : 16,354 Milliards de F/CFA (14,1%) ;
- Autres Produits  : 7,480 Milliards de F/CFA (6,4%).

Les exportations vers le Nigeria représentent 37,8% en 2001, 31,9% en 2002 et 29,6% en 2003, traduisant une baisse continue sur la période.

Les exportations vers les pays de l'UEMOA sont caractérisées par une fluctuation entre 2001 et 2003 se traduisant par une baisse de 7,6% en 2003, après une hausse de 29,8% en 2002.

La répartition des partenaires commerciaux par groupe homogène est la suivante :

-  Union Européenne : 49,374 Milliards F/CFA (42,5%) ;
-  Afrique Occ. (CEDEAO): 47,422 Milliards F/CFA (40,9%) dont UEMOA 7 Milliards (6%) ;
-  Autres Pays : 19 258 Milliards F/CFA (16,6%).

1.3.2. Le Réseau Bancaire

Le réseau bancaire nigérien est constitué de neuf (9) banques commerciales et deux (2) établissements financiers :

-  la Société Nigérienne de Banque (SONIBANK) ;
-  la Banque Internationale pour l'Afrique au Niger (BIA) ;
-  la Banque Of Africa Niger (BOA) ;
- la Banque Islamique du Niger pour le Commerce et l'Investissement (BINCI) ;
-  la Banque ECOBANK ;
-   la Banque Commerciale du Niger (BCN) ;
-  la Banque Sahélo-Saharienne pour l'investissement et le Commerce (BSIC - Niger) ;
-  la Banque Régionale de Solidarité (BRS) ;
-  La Banque Atlantique Niger ;
- le Crédit du Niger ;
-   la Caisse de Prêts aux Collectivités Territoriales (CPCT).

Avec des produits peu diversifiés et des taux d'intérêt élevés, le système bancaire nigérien de part la nature de ses dépôts, concentre ses activités essentiellement sur le crédit à court terme au détriment du crédit à moyen et long terme sensés financer les investissements.

Le secteur est caractérisé par une forte concentration des activités dans les opérations à court terme, tant en ce qui concerne les passifs (avec une prépondérance des dépôts à vue) que les actifs (faisant apparaître une importance relative des comptes débiteurs).

1.3.3. L'Artisanat

Depuis l'adoption en juillet 1992 de l'Ordonnance portant Orientation de la Politique Nationale sur le Secteur de l'Artisanat, le Gouvernement a accordé une attention particulière à ce secteur.

En effet, l'artisanat constitue un secteur essentiel de l'économie nigérienne au regard de sa contribution au PIB et son impact socioculturel.

Cette importance s'apprécie par :

-  la contribution non négligeable au PIB se situant autour de 20% ;
-  la diversité des activités qui le composent avec 150 corps de métiers et 135.000 micros et petites entreprises ;
-  la capacité à générer des revenus estimés à environ 75 milliards de FCFA;
-  la valorisation des ressources locales ainsi que le savoir-faire traditionnel ;
-  le dynamisme et la flexibilité du secteur ;
-   l'importance des emplois créés ou consolidés, en zones rurales et en milieu urbain, estimés à environ 350.000 ;
-   l'interdépendance du secteur avec l'agriculture, la culture, l'environnement, la santé et le secteur privé.

Pour toutes ces raisons, le secteur de l'artisanat contribue à n'en point douter à la réduction de la pauvreté, même si des contraintes de plusieurs ordres limitent ses performances.

1.3.4. Le Tourisme et l'hôtellerie

L'importance et la diversité du potentiel touristique, autorisent d'affirmer que le Niger, peut tirer largement profit du tourisme, à condition que ce dernier, soit bien organisé et soutenu.

Il faut rappeler que depuis les années 1980, le Niger a amorcé son décollage touristique par la création de nouvelles Agences de voyages, la construction et la rénovation des infrastructures hôtelières et la distribution de revenus à travers les emplois créés ou consolidés.

Toutefois, ce décollage qui résulte de la vivacité des opérateurs du secteur n'a été que de courte durée. L'insécurité née de la rébellion armée dans la partie septentrionale du pays intervenue de 1991 à 1995 a beaucoup affecté le développement du secteur par l'arrêt total des activités touristiques et hôtelières dans quatre (4) régions du pays (Tahoua, Agadez, Tillabéri et Diffa).

Avec la signature en avril 1995 de l'Accord de Paix Définitif et le retour progressif de la sécurité, les conditions de reprise des activités touristiques sont réunies, même si la persistance d'un banditisme résiduel pourrait constituer un handicap.

Cette reprise d'activités touristiques confortée par la tenue des cinquième jeux de la francophonie s'est concrétisée par des investissements importants au cours de la période 2000 – 2005 à savoir :

  • 1,060 Milliard de F/CFA pour la réhabilitation des infrastructures hôtelières et touristiques par le secteur privé ;
  • 2,217 Milliards de F/CFA pour des opérations de réhabilitation par le secteur public (Hôtel Gawèye et Centres touristiques) ;
  • 3,408 Milliards de F/CFA portant sur la création d'entreprises par le secteur privé.

1.3.5 Les Transports

Selon le plan d'action de la stratégie nationale des transports d'octobre 2004 la situation se caractérise par :

•  Un réseau routier de plus de 14 000 km à la dimension du pays. Ce réseau est composé de 25% de routes revêtues, 40% de routes en terre ayant déjà fait l'objet d'un aménagement complet ou sommaire, et 35% de pistes desservant essentiellement les zones rurales ;

•  Un réseau globalement dans un état satisfaisant. Néanmoins, que ce soit sur le réseau revêtu que sur le réseau en terre, les conditions climatiques, les matériaux disponibles, les techniques utilisées et le niveau de trafic supporté font que certaines sections sont aujourd'hui fort dégradées ;

•  Des trafics importants sur les réseaux revêtues dans le sud du pays au climat plus tempéré regroupant l'essentiel des populations, un trafic très faible dans le reste du pays en raison du sous-peuplement. Ce constat conduit à traiter le cas du transport en milieu rural de manière spécifique ;

•  Plusieurs corridors de désenclavement international plus complémentaires que concurrents car ne desservant pas tous les mêmes régions du Niger ;

II. CONTRAINTES SECTORELLES ET SOLUTIONS ENVISAGEES

En plus des contraintes générales liées à un système fiscal inadapté à la situation actuelle des entreprises et à un environnement des Affaires jugé contraignant , des contraintes spécifiques existent au niveau des différents secteurs économiques.

2.1. Secteur Primaire

Les contraintes suivantes sont identifiées :

-  forte dépendance de la pluviométrie des productions agro-pastorales ;
-  dispersion de la production dans certains cas qui aggrave les coûts de collecte et de commercialisation des produits ;
- forte informalisation des activités et insuffisance de la professionnalisation des acteurs ;
-  mode d'élevage essentiellement extensif et transhumant ;
-  manque de structures et de mécanismes appropriés de financement du secteur agricole ;
-  manque de mécanisme adapté de financement des crédits de campagne ;
-  absence de structure de crédit adaptée à l'achat des engrais ;

•  Solutions Proposées :

-  améliorer le système de production (mise en place des semences de qualité, amélioration de l'approvisionnement en intrants) ;
-  renforcer les capacités des acteurs du monde rural ;
-  appuyer les activités de commercialisation et développer les exportations des produits agro-pastoraux ;
-  développer un système d'élevage intensif pour améliorer la qualité des produits de ce secteur ;
-  renforcer la structuration des filières ;
-  améliorer l'accès aux services financiers en milieu rural par une promotion des mutuels de crédit et d'épargne;
-  favoriser la mise au point et l'adoption des technologies performantes et adaptées aux besoins des producteurs ruraux ;
- améliorer les conditions de rémunération des produits agro-sylvo-pastoraux ;
-  promouvoir la diversification des activités économiques non agricoles ;
-  réduire l'enclavement des zones rurales à travers la réalisation de pistes rurales;
-  mobiliser les ressources en eau en vue de sécuriser les différentes productions à travers une promotion accrue de la petite irrigation;
- poursuivre et approfondir les actions de prévention et de gestion des crises alimentaires et des catastrophes naturelles;
-  Initier une politique vigoureuse de soutien et de développement de l'élevage et de l'agriculture par l'introduction de nouvelles techniques de cultures et de machineries pour moderniser le secteur ;
-  encadrer et former les éleveurs et les paysans producteurs ;
- réhabiliter la banque de crédit agricole avec l'appui de l'Etat et des partenaires au développement et la mise en place d'un système de garantie et de bonification souple des taux d'intérêts ;
- réintroduire les systèmes de crédit de campagne à taux et conditions préférentiels pour les opérations à court terme ( commercialisation des produits, avance sur les recettes d'exportation ) ;
-  créer un cadre de collaboration entre les entreprises locales et les institutions de recherche, les structures d'appui et projets installés au Niger ;
-  aménager les zones à fort potentiel agricole ;
-  faciliter l'accès aux zones de production par la construction de routes et pistes rurales ;
-  introduire des techniques modernes d'irrigation (système d'irrigation goûte – à – goûte, système californien…);
-  favoriser l'achat de la production des paysans, la création d'industries de conservation et de transformation des produits agricoles ;
-  instaurer un système de label de qualité et d'appellations d'origine contrôlées pour certains produits tels ‘'l'oignon violet de Galmi'', ‘'pomme de terre d'Agadez ou de Bonkoukou'', ‘'chèvre rousse de Maradi'', la race azawak de Toukounouss etc ;

2.2 Secteur Secondaire

2.2.1 L'industrie

Les obstacles au développement du secteur industriel en général et des industries manufacturières en particulier sont de plusieurs ordres à savoir :

-  un coût élevé des facteurs de production (énergie et transport) qui influent négativement la compétitivité des entreprises ;
-   un niveau élevé de l'Impôt sur les Revenus des Valeurs Mobilières (IRVM) de 18%) décourageant les initiatives en matière d'investissement ;
-  une taxe immobilière dont l'assise est indexée sur le montant des investissements hors amortissement pour le droit proportionnel alors que le droit fixe est indexé sur le nombre d'ouvriers employés;
-  l'enclavement du pays, constituant un handicap sérieux dans la réalisation des investissements et l'acheminement des intrants ;
-   une faiblesse et une vulnérabilité de la base de production : insuffisance des matières premières locales ;
-   une étroitesse du marché national lié au faible pouvoir d'achat des populations ;
-   un coût élevé de l'énergie, de l'eau et du transport, constituant un obstacle non négligeable au développement des entreprises ;
-   un poids élevé de la fiscalité, en particulier sur les biens d'équipement et les intrants industriels ;
-   une concurrence déloyale liée à la fraude, laquelle fausse considérablement les règles de la libre concurrence ;
-   un coût élevé des frais pour l'utilisation du réseau de communication ;
-  des procédures administratives complexes notamment les difficultés pour le personnel expatrié d'obtenir des visas de contrat de travail;
-   Un système de financement inadapté aux besoins des entreprises;
-   Une lourdeur des procédures administratives dans le processus de création d'entreprises malgré l'existence du Centre de Formalités des Entreprises (CFE).

A cette panoplie de contraintes, vient s'ajouter la menace liée à une exacerbation de la concurrence consécutive à la libéralisation des échanges internationaux dans le cadre des accords de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et bientôt des Accords de Partenariat Economique (APE).

  • Solutions Préconisées :

-  mettre en œuvre un programme national de mise à niveau des entreprises ;
-  exonérer de manière temporaire certaines entreprises en difficultés du paiement de TVA pour leur permettre de réhabiliter leurs outils de production, d'améliorer leur gestion ;
-  réduire le coût élevé des facteurs de production (énergie, transport, télécommunications), créer des infrastructures de base et des services pour soutenir et accompagner les opérations des entreprises privées ;
-  réduire le taux de l'IRVM de 18 à 10% ;
-  assouplir les conditions d'accès aux avantages du code des investissements et réduire la durée d'instruction des dossiers (de plusieurs mois à 30 jours) ;
-  encourager la politique d'emploi ;
-  lutter contre la concurrence déloyale par le suivi des exonérations et la lutte contre le reversement de quantités importantes de produits exonérés ou en transit sur le marché nigérien (ciment, matériaux de construction et autres) ;

Le sous-secteur des mines du Niger a demandé particulièrement d'alléger certaines dispositions de l'environnement du travail, ce qui d'ailleurs rejoint le point de vue de l'ensemble des employeurs du secteur privé et reflète parfaitement leur préoccupation.

L'article 11 du décret N°96-413/PRN/MFPT/E du 04 Novembre 1996 limite la durée du visa du contrat de travail des expatriés à deux ans renouvelable une fois. Cette disposition contraignante concerne également les Directeurs Généraux et les Directeurs Financiers, catégorie pour laquelle nous suggérons de laisser aux entreprises une plus grande flexibilité et le soin de régler les modalités de séjour au Niger. Un investisseur est en effet toujours désireux d'investir pour du long terme et de garder la maîtrise des postes clés surtout ceux ayant un rapport avec la gestion de son patrimoine.

2.2.2. Bâtiments et Travaux Publics

•  Contraintes du secteur des BTP

- non-respect des normes de BTP en matière d'utilisation des matériaux de construction, favorisant ainsi la concurrence déloyale des entreprises artisanales ;

-  lenteur dans l'adjudication des marchés, faisant encourir aux entreprises des frais financiers importants ;

-  non respect par l'administration de règles édictées en matière de passation de marchés publics ;

- contraintes fiscales pour la constitution de dossiers d'appels d'offre et circuit lourd et répétitif ;

- ingérence du politique dans le processus de passation des marchés ;

-  retard dans le payement des travaux réalisés avec pour conséquence le blocage des fonds de roulement des entreprises ;

-  sous- estimation des coûts des ouvrages dans le cadre notamment du Programme spécial.

•  Solutions préconisées en faveur des Entreprises de BTP

-  assouplir les procédures pour la constitution des dossiers d'appel d'offres (validité trimestrielle de l'Attestation de Situation Fiscale (ASF) et de l'attestation de la CNSS pour tous les appels d'offre de la période) ;

-  mettre dans les dossiers d'appel d'offres des critères vérifiables par la post-qualification ;

- se conformer aux textes pour la réalisation des travaux dans le choix des catégories des entreprises ;

- améliorer les procédures de paiement des décomptes des entreprises ;

- appliquer des coefficients de pondération dans le calcul des coûts des travaux dans le cadre du Programme Spécial du Président de la République pour tenir compte des spécificités régionales ;

-  assurer le respect des normes des BTP en matière d'utilisation des matériaux de construction dans l'exécution des marchés publics ;

2.3 Secteur Tertiaire

2.3.1 Commerce et Service

Les difficultés suivantes sont relevées :

- prédominance du secteur informel ;

- tracasseries interminables subies par les opérateurs économiques nigériens au niveau de certains corridors ;

- long délai de sortie des marchandises de la douane (6 à 7 jours au lieu d'un délai raisonnable de 48 heures), et frais injustifiés encourageant la contrebande ;

-  abus répétés de certains services de l'Etat, nécessitant le recours aux services souvent onéreux des avocats ;

-  sur-taxation généralisée des stations-service avec la Taxe d'occupation du domaine public passée en quelques années de 1000 F/cfa/m 2 à 5000F/CFA/m 2  ;

- risques graves pour la population en cas de révision de la loi pharmaceutique dans le sens d'un retrait du monopole du pharmacien par rapport au médicament, monopole qui est universellement reconnu ;

-  nouvelles dispositions fiscales favorisant le marché parallèle de la vente de médicaments dont les acteurs sont peu soucieux de la santé de la population.

•  Solutions préconisées

-  impliquer les opérateurs économiques dans les travaux de la commission d'attribution des marchés ;

-  renforcer les capacités et la professionnalisation des acteurs ;

-  promouvoir les exportations afin de favoriser l'écoulement des produits agro-pastoraux et améliorer les revenus des populations. Dans ce cadre l'Agence Nigérienne de Promotion des Exportations (ANIPEX) devrait bénéficier d'un appui conséquent afin de jouer pleinement son rôle ;

-  réduire les délais de sortie de marchandises 7 jours à 48 heures et lutter contre l'institution de ‘'faux frais'' afin de réduire l'intérêt à la contrebande ;

-  lutter énergiquement contre la fraude en mettant l'accent sur des actions de sensibilisation et d'information ;

- maintenir le monopole du pharmacien par rapport à la conception, à l ‘approvisionnement et à la distribution de médicament ;

-  lutter énergiqument contre le développement du marché parallèle ;

-  ramener la taxe d'occupation du domaine public de 5000 F/CFA à 1000F/CFA ;

-  supprimer la taxe de Vérification des Importations (TVI) en faveur de la Cotecna, qui alourdit les charges fiscales des opérateurs économiques ;

-  ouvrir une représentation consulaire à Maïduguri (Nigéria), pour tenir compte de l'intensité des échanges.

2.3.2 Transports

•  Contraintes liées au sous secteur des Transports :

-  absence d'une politique rationnelle de transport ;
-  absence de société de crédit automobile ;
-  vétusté du parc automobile réduisant considérablement la capacité des transactions ;
-   délivrance d'une multitude d'agréments à des personnes qui, souvent ne remplissent pas les conditions requises ;
-  état défectueux d'une partie du réseau routier national causant des difficultés d'accès à certains pays frontaliers ;
-  insuffisance d'aires de stockage des conteneurs ;
-  cadre réglementaire peu performant car d'une part, l'Etat dont le rôle reste prépondérant dans l'organisation du système de transport n'a pas toujours su mettre en place les moyens indispensables, et d'autre part, les conditions de la concurrence ne sont pas toujours réunies ;
-  organisation restée largement traditionnelle avec de nombreuses lourdeurs de fonctionnement ;
-  ressources insuffisantes pour l'entretien routier, même si, des progrès significatifs ont été réalisés en matière de transparence de son fonctionnement grâce à la création de la Caisse autonome de Financement et de l'Entretien Routier (CAFER) en 1999 ;
-  insécurité routière est un fléau difficile à juguler malgré des progrès récents en matière de sécurité passive (état de la route et des véhicules) ;
-  impacts sur l'environnement sont pris en compte de mieux en mieux, mais toujours de façon subsidiaire ;

•  Solutions proposées :

Les solutions à envisager sont essentiellement les suivantes :

-  mettre en place une politique rationnelle de transport ;
-  créer un mécanisme de crédit-bail ;
- alléger la taxe sur les véhicules utilitaires de transport pour faciliter le renouvellement du parc automobile et inciter la concurrence ;
-  favoriser l'ouverture de la voie du Tchad par la modernisation de la route Nord N'Guigmi afin d'accroître les flux économiques ;
-  aménager une plate forme de conteneurs pour faciliter le déchargement des marchandises, à cet égard les travaux d'installation des ports secs doivent être accélérés.
-  accélérer les études pour la réalisation de chemin de fer au Niger.

2.3.3 Tourisme et Hôtellerie

•  Contraintes Identifiées

L'essentiel des contraintes dont souffre le sous- secteur du Tourisme et de l'hôtellerie sont :

-  l'insuffisance et la mauvaise répartition des infrastructures d'hébergement ;
-   l'insuffisance des moyens d'exploitation au niveau des Agences de voyage ;
-   la vétusté du matériel et d'équipement de Communication ;
-   l'inexistence de structures de financement adaptées au secteur touristique ;
-   le coût élevé des prestations résultant d'une faible desserte aérienne et des coûts trop élevés des hydrocarbures ;
-   la faible utilisation des cartes de crédits dans le système bancaire ;
-   l'insuffisance de formation tant pour les dirigeants d'entreprise que pour leur personnel ;
-   la concurrence déloyale exercée par les projets, les particuliers et surtout les Collectivités Territoriales, par la mise à disposition des logements à des tarifs réduits. 

•  Solutions proposées :

Pour promouvoir le sous secteur et susciter le développement des initiatives, les mesures suivantes doivent être prises :

-  mettre en place dans le cadre de la décentralisation, des Agences Régionales de Développement du Tourisme ;
-  réaliser un programme de formation des différents acteurs du secteur ;

-  mettre en place des lignes de crédits adaptées au secteur pour susciter la réalisation d'investissements ;

-  mettre fin à la concurrence déloyale des particuliers, des projets et surtout des collectivités territoriales à travers la stricte application des dispositions du Décret portant réglementation des établissements hôteliers ;

- faire le lobbying pour le retour du Rallye Paris Dakar au Niger ;

- promouvoir les circuits touristiques par la construction des sites d'étapes ;

2.3.4 Artisanat

•  Contraintes  :

La contribution du secteur de l'Artisanat serait plus importante si les facteurs contraignants ci-après n'affectent pas les efforts déployés par les différents acteurs :

-  la mauvaise catégorisation des artisans en matière de fiscalité parce que ne tenant pas compte de la situation et de l'environnement des artisans (zone d'activité, corps des métiers, revenus) ;
-  les difficultés des artisans à accéder aux marchés publics ;
- le manque de structure de financement propre à l'artisanat ;
-  la non maîtrise des circuits de distribution pour un meilleur écoulement des produits artisanaux ;
- l'insuffisance des unités modernes de traitement de matières premières (cuirs et peaux) ;
-  l'absence de structures d'encadrement en matière de crédit ;
- l'insuffisance de moyens matériels et financiers ;
- l'insuffisance des sources d'approvisionnement en matières premières tant en quantité qu'en qualité;
- la frilosité des banques à prendre des risques pour le sous-secteur artisanat ;
- l'influence des pesanteurs socio - culturelles.

•  Solutions préconisées  :

Pour permettre une meilleure organisation du secteur et améliorer ses performances, les mesures suivantes doivent être prises :

-  catégoriser les artisans en matière de fiscalité, en tenant compte des zones d'activités et des corps de métiers ;
-  prendre en compte les avis des artisans lors des prises de décision en matière fiscale ;
-  revoir à la baisse le taux de la redevance statistique à l'exportation des produits artisanaux ;
-  faciliter aux artisans l'accès aux marchés publics ;
-  intensifier l'organisation des foires internationales au Niger en vue de promouvoir d'avantage l'artisanat nigérien ;
-  associer les artisans dans les missions économiques à l'extérieur organisées par les autorités ;
- Privilégier le recours aux artisans nationaux pour l'exécution de certains marchés ;
-  Appuyer la création et le développement des caisses populaires d'épargnes et de crédit au profit des artisans ;
-  créer des centrales d'approvisionnement des matières premières ;

III. ACTIONS PRIORITAIRES A METTRE EN OEUVRE

La mise en œuvre des mesures sectorielles ne pourrait être efficace que si des solutions appropriées sont trouvées pour améliorer l'environnement général des affaires. Il s'agit notamment de :

3.1. Mettre en place une Fiscalité de Développement  

A ce niveau, il convient de prendre les mesures suivantes :

-  prendre en compte, dans les lois de finances, les préoccupations des opérateurs économiques liées aux questions fiscales ;
-  autoriser le système de compensation en matière de paiement des impôts et taxes ;
-  supprimer le système de retenue à la source des impôts et taxes ;
-  mener des campagnes de sensibilisation intensive visant à informer les acteurs économiques sur la réglementation fiscale et douanière ;
-  intensifier la lutte contre la fraude, la corruption et la concurrence déloyale en prônant la transparence et l'équité ;
-  renforcer les capacités des acteurs en matière de gestion ;
- promouvoir les exportations en réduisant le taux de la redevance statistique ;
- réhabiliter les commissions régionales des patentes et en respecter les délibérations ;
-  impliquer le secteur privé dans l'élaboration du code Général des Impôts avant son adoption par le Gouvernement et son approbation par l'Assemblée Nationale.

3.2. Améliorer l'Environnement des Affaires :

-  simplifier les procédures administratives et éliminer les tracasseries ;
- poursuivre l'assainissement du cadre réglementaire et judiciaire ;
- mettre en place une instance de recours suspensif entre l'administration fiscale et le secteur privé ;
-  créer les conditions susceptibles d'inciter les nigériens de l'extérieur à investir davantage au Niger à travers des mesures d'ordre fiscal (leur accorder systématiquement les avantages du régime du code des investissements, faciliter l'acquisition de terrain) ;
- réduire les frais d'enregistrement et d'établissement des titres fonciers qui constituent les principaux instruments de garantie.

3.3. Faciliter aux Entreprises l'accès au Financement :

-  baisser les taux d'intérêts sur les prêts en faveur des petites et moyennes entreprises ;
-  défiscaliser les intérêts des prêts en faveur des PME ;
-  mettre en place un mécanisme approprié de réalisation des garanties ;
-  faciliter la création de structures de financement appropriées.

3.4. Rendre transparent l'accès aux Marchés Publics  

-  accélérer le processus d'adjudication des marchés ;
-  assurer le respect rigoureux de règles édictées en matière de passation de marchés publics ;
-  mettre périodiquement à jour les agréments des entreprises ;
-  instaurer des mesures préférentielles en faveur des entreprises installées au Niger dans le cadre notamment des appels d'offres internationaux exécutés au Niger.

CONCLUSION

L'économie nigérienne déjà handicapée par des contraintes structurelles internes doit faire face aux exigences d'un contexte économique international caractérisé par la mondialisation de l'économie et l'ouverture des marchés.

Au-delà des mesures urgentes à mettre en oeuvre pour assainir l'environnement des affaires, il convient de prendre toutes les dispositions pour préparer nos entreprises à faire face aux exigences de l'ouverture des marchés avec l'intégration économique et la signature d'Accords de Partenariat Economique (APE).

Aussi, est-il nécessaire d'accélérer le programme de mise à niveau des entreprises, de réduire certains coûts de production et surtout de promouvoir la valorisation des produits agro-pastoraux. Pour accompagner et conforter toutes ces réformes, la formation et la sensibilisation des opérateurs économiques sont des impératifs qui s'imposent aussi bien à notre Institution Consulaire qu'à l'Etat.